Idées reçues

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Le changement de loi ne suffira pas à mettre fin aux violences sexuelles !

Vrai

C’est un des leviers de lutte contre les vio­lences de genre, mais ce n’est pas le seul.

En amé­lio­rant la loi, on chan­ge­ra de para­digme au niveau judi­ciaire et plus glo­ba­le­ment au niveau des médias, de l’opinion publique et de la socié­té toute entière.

Ce levier doit être accom­pa­gné d’autres mesures :

  • Edu­ca­tion au consen­te­ment, notam­ment en fai­sant res­pec­ter la loi EVARS de 2001, ayant ins­tau­ré 3 séances d’éducation à la vie affec­tive, rela­tion­nelle et sexuelle (cf. Pro­gramme EVARS adop­té en jan­vier 2025)
  • Aug­men­ta­tion du nombre et des moyens des professionnel·les police/justice trai­tant les affaires d’agressions sexuelles et de viols
  • For­ma­tion de toustes les professionnel·les au contact des vic­times d’agressions sexuelles et de viols aux méca­nismes des vio­lences sexistes et sexuelles, sté­réo­types de genre, notam­ment police, gen­dar­me­rie, jus­tice
  • Lutte contre la vic­ti­mi­sa­tion secon­daire

Cela va obliger à contractualiser les relations sexuelles !

Faux

La preuve res­te­ra tou­jours dif­fi­cile à rap­por­ter, puisque dans 95% des agres­sions sexuelles, il n’y a pas de témoin et car la vic­time ne porte pas plainte immé­dia­te­ment après les faits (pyscho­trau­ma, lour­deur et coût de la pro­cé­dure, …). Mais l’expression du consen­te­ment ne néces­site pas d’élaborer un contrat.

Cela va-t-il inverser la charge de la preuve ?

Faux

  • Il revien­dra tou­jours au minis­tère public de prou­ver l’infraction.
  • La police et les juges seront invi­tés à inter­ro­ger le com­por­te­ment de l’agresseur, en par­ti­cu­lier ce qu’il a mis en oeuvre pour s’assurer du consen­te­ment mutuel.

Cela aura pour effet de centrer le procès sur le comportement de la victime (sa jupe, elle a accepté un dernier verre, ses moeurs, etc..) !

Faux

  • C’est déjà le cas aujourd’hui et nous sou­hai­tons que cela cesse !
  • Cela per­met­tra au contraire d’interroger l’agresseur et de se foca­li­ser sur son com­por­te­ment :
    • quelles mesures a‑t-il mises en oeuvre pour s’as­su­rer du consen­te­ment de la vic­time ?
    • a‑t-il tiré par­tie d’une situa­tion d’inégalité pour par­ve­nir à ses fins ?

De toute façon, dans notre société patriarcale, les femmes sont toujours dominées et ne peuvent jamais consentir librement !

Nous com­pre­nons l’argument d’un point de vue socio­lo­gique, voire phi­lo­so­phique.

Tou­te­fois, d’un point de vue juri­dique, quid de l’impunité des vio­leurs si toute sexua­li­té hété­ro est du viol ?

Pour mieux carac­té­ri­ser l’infraction et puisque “Céder n’est pas consen­tir” :

  • Néces­si­té d’é­lar­gir la défi­ni­tion actuelle car dans 9 cas sur 10 la vic­time connaît l’agresseur et l’agression est com­mise sans bru­ta­li­té
  • Appré­cia­tion de la liber­té de consen­tir à la lumière des cir­cons­tances per­son­nelles et envi­ron­nantes.

Consentir, c’est adhérer à une proposition. Cela maintient les femmes dans une position de soumission, les empêchant d’exprimer leur désir sexuel.

Com­ment tra­duire le désir en droit ? On n’a qu’un mot : consen­te­ment !

  • Vision de mau­vaise foi du consen­te­ment : en droit des obli­ga­tions, il n’y a pas que les contrats d’adhésion ; l’accord mutuel (expres­sion synal­lag­ma­tique du consen­te­ment) et l’absence de vices du consen­te­ment existent !
  • S’il est sou­hai­table que les rap­ports consen­tis soient dési­rés, ce n’est pas tou­jours le cas, sans que cela tombe néces­sai­re­ment sous le coup de la loi. C’est aus­si pour cela qu’on ne parle pas de consen­te­ment enthou­siaste.

Dans les pays qui ont introduit la notion de consentement dans la définition pénale des infractions sexuelles, on ne note aucune augmentation des condamnations.

Faux

  • Cana­da : 1 affaire sur 5 (22%) rela­tive à une agres­sion sexuelle est por­tée devant les tri­bu­naux
    48% abou­tissent à une condam­na­tion
  • Espagne : une culture du consen­te­ment se construit et une jus­tice spé­ci­fique voit le jour mal­gré quelques ratés (baisse des peines plan­cher)
  • Suède : entre 2019 et 2023 : Hausse des signa­le­ments de viols
    75% de condam­na­tions entre 2017 et 2019
    + 5% par an de taux de condam­na­tion