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Consentement : le texte modifiant la définition pénale du viol adopté en commission à l’Assemblée

France-Info avec AFP.

Il sera exa­mi­né le 1er avril dans l’hé­mi­cycle, après une dif­fi­cile rédac­tion issue d’une année de tra­vaux et audi­tions.

Les dépu­tés ont adop­té en com­mis­sion une pro­po­si­tion de loi trans­par­ti­sane visant à modi­fier la défi­ni­tion pénale du viol pour y inté­grer la notion de consen­te­ment, un texte à la por­tée sym­bo­lique forte, par­tiel­le­ment réécrit afin d’y inclure les remarques for­mu­lées par le Conseil d’E­tat. L’in­tro­duc­tion de la notion de consen­te­ment dans le droit pénal fait débat tant chez les juristes que les asso­cia­tions fémi­nistes. Les oppo­sants craignent qu’elle conduise à cen­trer l’en­quête sur l’at­ti­tude de la vic­time.

Mais pour la corap­por­teure du texte, l’é­co­lo­giste Marie-Char­lotte Garin, « mal­gré l’om­ni­pré­sence de la ques­tion du consen­te­ment tout au long de la pro­cé­dure judi­ciaire, la loi fran­çaise reste silen­cieuse sur ce point cru­cial », ce qui « ouvre la voie à des mal­en­ten­dus, voire à des ins­tru­men­ta­li­sa­tions du consen­te­ment par les auteurs des agres­sions ». L’i­dée est donc de don­ner « des indi­ca­tions pour cla­ri­fier ce que peut être le consen­te­ment et ce qu’il ne peut pas être », afin de ser­vir de « bous­sole », a‑t-elle pour­sui­vi.

Le Conseil d’Etat avait rendu un avis

Coécrite avec la dépu­tée macro­niste Véro­nique Riot­ton, la pro­po­si­tion de loi spé­ci­fie donc la notion de consen­te­ment pour per­mettre aux juges et enquê­teurs de mieux appré­cier son défaut. A l’heure actuelle, selon le code pénal, le viol est consti­tué lors­qu’il est com­mis par « vio­lence, contrainte, menace ou sur­prise ». Ce qui ne per­met pas, selon l’ex­po­sé des motifs de la pro­po­si­tion de loi, « de cou­vrir un grand nombre de cas » : « sidé­ra­tion, situa­tions d’emprise et de coer­ci­tion, stra­té­gies déve­lop­pées par cer­tains agres­seurs d’ex­ploi­ta­tion de la vul­né­ra­bi­li­té des vic­times ».

La pro­po­si­tion de loi adop­tée en com­mis­sion ajoute donc la notion de non-consen­te­ment au code pénal. Et éta­blit que « le consen­te­ment est libre et éclai­ré, spé­ci­fique, préa­lable et révo­cable », qu’il « est appré­cié au regard des cir­cons­tances envi­ron­nantes », et qu’il « ne peut être déduit du seul silence ou de la seule absence de réac­tion de la vic­time ». Des for­mu­la­tions issues d’un avis du Conseil d’Etat(Nouvelle fenêtre), que les deux corap­por­teures ont fait adop­ter par la com­mis­sion des Lois par voie d’a­men­de­ment. Le texte, signé éga­le­ment par les pré­si­dents des groupes macro­niste et éco­lo­giste Gabriel Attal et Cyrielle Cha­te­lain et écrit à l’is­sue d’une année de tra­vaux et audi­tions, sera exa­mi­né le 1er avril dans l’hé­mi­cycle.

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